Comment se libérer des situations et des pensées culpabilisantes ?

Souvent, nous disons à la blague que la culpabilité est l’affaire des femmes et encore plus des mères. Par notre expérience personnelle et par celle des autres, nous pouvons affirmer qu’il est vrai que nous sommes nombreuses à ressentir de la culpabilité. À un point tel que lorsque nous rencontrons une mère qui n’en ressent pas, nous questionnons son degré de dévouement ou encore nous l’envions ! Quelles sont les situations où les mères se culpabilisent ? Voici quelques exemples recueillis auprès des participantes aux Ateliers Être Maman.

Je culpabilise…

  • Quand je ne joue pas assez avec mon enfant !
  • Après avoir puni mon enfant !
  • Lorsque je suis impatiente avec lui !
  • De ne pas allaiter !
  • Quand j’oublie d’apporter des choses dont il a besoin !
  • D’avoir hâte que vienne l’heure du dodo ou des siestes !
  • Quand je réalise que je n’étais pas présente, même si j’étais dans la maison !
  • Quand mon enfant pleure après un refus !
  • Quand je pense que ma vie d’avant était plus facile !
  • De vouloir du temps pour moi !
  • De ne pas aimer mes enfants de la même façon !
  • D’aller travailler !
  • Quand mon enfant pleure et que je ne sais pas quoi faire !
  • Quand je ne prépare pas un repas équilibré !
  • Quand je crie après mes enfants !
  • De m’occuper davantage d’un de mes enfants !
  • Quand je sors sans mes enfants et que je suis contente !
  • Quand mon enfant me fait des reproches !
  • Quand je laisse mon enfant jouer seul, sans stimulation !
  • Quand je n’ai pas envie de me lever !

Incroyable, n’est-ce pas, le nombre de situations qui déclenchent le sentiment de culpabilité chez la mère ? Et la liste n’est assurément pas complète ! Avez-vous remarqué que nous ne culpabilisons pas de ne pas prendre soin de nous !

Au contraire, la culpabilité est un obstacle considérable quand vient le temps de penser à soi. Certaines diront : « À quoi ça sert de sortir ? Je ne fais que penser à mon bébé ! » Il ne faut pas attendre que la culpabilité se soit dissipée pour faire une activité, car l’attente sera longue. Mieux vaut « apporter » sa culpabilité avec soi ; après quelque temps elle aura perdu de son ardeur, elle aura peut-être même disparu !

Ce qui contribue également à ce sentiment, ce sont tous ces conseils et toutes ces informations que nous recevons. Comme s’il était possible de tout connaître, de tout accomplir, de tout prévenir et de ne rien négliger !

Il faut comprendre que la culpabilité nous paralyse. Nous repassons en boucle les événements et nous nous dénigrons. Cet état ne nous permet pas de modifier la situation et, très souvent, nous la répétons. Le fait de nous culpabiliser nous évite inconsciemment de nous responsabiliser, comme si se sentir coupable était suffisant ! Mais il a l’utilité de nous indiquer un inconfort et le besoin de nous ajuster. Il réclame la concentration sur nos véritables intentions et sur nos besoins. Le sentiment de culpabilité nous indique qu’il est temps de trouver une solution à la situation culpabilisante.

Pensées culpabilisantes

Parfois, il y a des pensées qui passent si vite et qui pourtant nous bouleversent. N’est-il pas arrivé à chacune d’entre nous d’avoir un jour ou l’autre une réflexion que nous aurions souhaité ne jamais avoir. Ces pensées suscitent en nous des émotions que nous n’apprécions pas. Nous tentons même de nous convaincre que nous n’avons pas eu cette réflexion, mais le mal est fait et nous sommes troublées. Quelles sont ces phrases bouleversantes ? En voici quelques exemples.

  • Je n’aurais pas dû avoir un enfant !
  • Je ne veux plus être mère !
  • Je suis une mauvaise mère !
  • Ma vie était bien plus facile avant !
  • Je n’aime pas être mère !
  • Je voudrais fuir la situation !
  • Je ne suis pas à la hauteur !
  • Mon enfant mérite une meilleure mère que ça !
  • Je devrais être heureuse et comblée, mais je ne le suis pas !
  • Je me sens limitée dans mes choix !
  • Je n’y arriverai jamais !
  • Mon enfant nuit à mon bonheur !
  • Je n’aime pas mon enfant !

Il est important de comprendre que ces pensées que nous nous reprochons ne représentent pas une vérité. Elles nous permettent de réaliser que nous vivons difficilement certaines situations ! Nous avons la responsabilité de découvrir la véritable source de notre souffrance pour pouvoir nous en libérer. Rappelons-nous que, bien que nous ayons eu le désir d’être mère, nous ne savions pas l’effet que cela aurait sur nous et sur notre vie !

Donc, lorsque les émotions sont intenses, essayons d’appliquer ces étapes.

– Je prends une grande respiration.

– J’évite l’hémorragie en ayant de la compassion pour moi-même.

– Qu’est-ce que je dirais à ma meilleure amie si elle me confiait cela ?

– Quelle est la pensée qui a éveillé cette émotion ?

Plus nous culpabilisons ou  avons honte de nos pensées, plus il sera difficile d’en parler. Le silence et l’isolement ne sont jamais de bonnes alternatives. Témoigner pendant que l’on ressent l’émotion et demander du soutien est une démonstration de force et de courage !

Et vous, quelle place la culpabilité prend-elle dans votre vie ?

Isabelle Dagenais- Tous droits réservés-

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